Dimanche matin, le lave-linge est en panne…

Dimanche matin, le lave-linge est en panne, Sears et Darty sont fermés. Me voilà devant un sérieux problème, et pour résoudre ce  problème il y a quatre façons de procéder me dit le bon sens.

La première suppose d’être expert. Être soi-même réparateur d’électroménager. Le problème est  connu. La solution coule de source. Il suffit alors d’appliquer des procédures qui ont déjà fait leurs preuves.

Tout le monde n’a pas la chance d’être expert en électroménager. C’est alors une seconde façon de procéder  qui peut être mise en œuvre. Le problème est nouveau, la solution inconnue mais un esprit analytique est à même d’en étudier les tenants et les aboutissants et d’élaborer le plan d’action idoine qui permettra à ce fichu lave linge de repartir.

Ma capacité d’analyse trouve vite ses limites et là où un esprit analytique s’adonne à la formulation d’hypothèse et à l’expérimentation, un esprit créatif va adopter des stratégies divergentes, et résoudre le problème par des moyens jusqu’alors inédits. Une solution originale sera élaborée et cette solution ira bien souvent à l’encontre du sens commun mais pourra néanmoins se révéler redoutablement efficace. C’est là une troisième façon de se tirer de ce mauvais pas.

Enfin, une quatrième manière de procéder fait appel aux « réseaux sociaux ». C’est le voisin qu’on sollicite, l’ami qu’on appelle au téléphone. On va chercher une expertise, une collaboration chez l’autre pour résoudre le problème qu’on est incapable de résoudre seul.

Évidemment ces manières de procéder ne sont pas exclusives les unes des autres,  on tend aujourd’hui à considérer que le raisonnement créateur englobe le raisonnement de l’ingénieur [1], mais elles me semblent représenter les quatre points cardinaux d’un monde de stratégies qui, d’un point de vue strictement pragmatique, peuvent s’avérer équivalentes. Ces stratégies sont emblématiques de différents modes de pensée auxquels l’école n’accorde pas la même valeur. Notre école privilégie fortement les savoirs experts et la pensée analytique. Inventée pour un monde dont l’organisation évoluait lentement malgré les progrès technologiques, cette école a longtemps fait la preuve de son efficacité pour former des individus en mesure d’y trouver leur place.

Mais les technologies se renouvellent toujours plus vite. Les changements s’accélèrent. Les savoirs experts deviennent rapidement obsolètes et la pensée analytique se heurte souvent au mur de la complexité. Dérèglement climatique, diminution de la biodiversité, pollution…  les exemples de problèmes nouveaux auxquels nos modes de pensée anciens ne parviennent pas à trouver des solutions sont nombreux. La résolution de problèmes complexes passe en effet également par l’innovation et la collaboration.

Nous voilà ainsi au pied du mur et mis en demeure d’imaginer une école capable, aussi, de développer la créativité et la sociabilité des enfants qu’elle accueille.

[1] voir l’interview d’Armand Hatchuel

Je suggère aussi la lecture de Morin, E. (2000). Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Paris: Seuil. et une interview de François Cerisier

Un commentaire pour Dimanche matin, le lave-linge est en panne…

  1. belbenoit-puglièse dit :

    sympa, merci, à bientôt !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :